Choisir un oculaire pour son télescope

Souvent (pour ne pas dire systématiquement), quand vous achetez un télescope, celui-ci est fourni avec un ou plusieurs oculaires (généralement 2 mais parfois jusqu’à 4). Souvent, ces derniers sont de moyenne qualité, voire entrée de gamme, ce qui ne vous procure pas la meilleure des expériences.

Changer d’oculaire est donc une étape naturelle pour améliorer son matériel, à moindre coût et profiter d’observations encore plus précises et agréables. Pour faire le bon choix, il est important de comprendre à quoi servent les oculaires et surtout, comment bien les choisir.

A quoi servent les oculaires ?

Les oculaires sont une des composantes d’un télescope dont le rôle est de retranscrire l’image captée par ce dernier à nos yeux.

Ainsi, quand on regarde dans un télescope, si l’on souhaite simplifier le processus, tout s’effectue en deux temps : on va pointer le télescope vers un astre à observer, ce dernier va alors capter de la lumière qu’il va falloir transformer en une image. L’image captée doit ensuite être retranscrite à l’œil.

Ainsi, il y a deux performances qui jouent dans la qualité des observations : la quantité de lumière captée (qui va jouer sur la résolution maximale potentielle de l’image) mais également la qualité de la retranscription à l’œil de l’image par le biais de l’oculaire.

Les oculaires jouent donc une place centrale dans l’astronomie : c’est d’ailleurs une des pièces que l’on est le plus rapidement amené à faire évoluer car ceux fournis avec l’achat d’un télescope sont assez limités en termes de possibilités et de qualité.

Le grand avantage des oculaires est qu’ils sont adaptables à chaque appareil. Ainsi, si vous êtes amenés à changer de télescope demain, vous pourrez tout à fait conserver vos oculaires et les utiliser avec votre nouvelle acquisition.

Les caractéristiques principales des oculaires

Un oculaire est généralement décrit avec 2 caractéristiques principales : la focale et le champ apparent.

On peut citer d’autres caractéristiques secondaires telle que le diamètre du coulant (il existe 2 tailles standards) et le dégagement de l’oculaire.

Enfin, on peut évoquer des détails plus techniques et notamment au niveau des traitements parfois appliqués aux oculaires.

La focale de l’oculaire va déterminer le grossissement que l’on va obtenir dans nos observations. Toutefois, on ne cherchera pas systématiquement à avoir le grossissement le plus important. En effet, chaque télescope possède un grossissement minimal et maximal. Au-delà de ces valeurs, les observations seront floues, peu lumineuses et donc peu satisfaisantes. Pas de panique, calculer ces grossissements est à la portée de tous.

Chaque télescope possède par ailleurs un grossissement utile qui se calcule en divisant le diamètre (ou l’ouverture) du télescope par 0,7. Exemple, pour le télescope Dobson Skywatcher 130/650 (donc avec 130 mm d’ouverture), son grossissement utile maximum sera de 130/0,7 soit 185 fois. Ce grossissement utile vous donne une idée du grossissement maximal idéal à viser de manière réaliste (pour les observations qui le nécessitent, comme le planétaire par exemple). En effet, même s’il existe un grossissement maximum (qui se calcule très facilement en multipliant par 2 l’ouverture, exemple ici 2 fois 130, soit 260 fois), ce dernier implique des conditions idéales qui ne sont en général jamais atteintes (ou très rarement). Mieux vaut ainsi se fier au grossissement utile, beaucoup plus fiable pour vos observations régulières.

Le grossissement lié à l’oculaire est calculé par la focale de votre télescope (650 mm dans notre exemple avec le Dobson Skywatcher 130/650), divisé par la focale de votre oculaire. Avec un oculaire de 10 mm de focale par exemple, on aura un donc un grossissement de 650/10, soit 65 fois. Avec un oculaire de 20 mm, on aura un grossissement de 650/20, soit 32 fois.

Le champ apparent correspond à l’angle vu à travers l’oculaire. Il existe des oculaires sur le marché avec des champs apparents de 45° à 110°. Attention toutefois, cette valeur peut être trompeuse car elle ne correspond pas exactement à l’amplitude que vous verrez avec votre télescope car ne l’oublions pas, les oculaires ne font que retranscrire l’image captée par le télescope. Si votre télescope a un faible champ apparent, alors votre oculaire ne pourra pas faire de miracles.

Pour connaître la valeur réelle, il va là aussi falloir réaliser quelques calculs. Le champ réel se calcule en divisant le champ apparent de l’oculaire (la valeur qui est écrit dessus) par le grossissement que l’on a calculé  ci-avant.

Si je reprends mon exemple précédent, avec mon Dobson Skywatcher 130/650 et un oculaire de 10 mm de focale, j’aurai donc un grossissement de 65 fois.

Ainsi, avec un oculaire de 50° de champ apparent, j’aurai un champ réel de 50 / 65, soit 0,77°. Le champ vu dans le ciel aura donc une taille de 0,77°.

Maintenant, avec le même télescope et un oculaire de 20mm et 66° de champ apparent, j’aurai un grossissement de 650/20, soit 32 fois et donc 66/32, soit 2°. Le champ vu dans le ciel sera de 2°, soit plus de deux fois plus grand qu’avec mon oculaire de 10 mm (mais avec un grossissement plus faible).

En fonction de ce que vous souhaitez observer, vous comprendrez ainsi qu’il vous faudra changer d’oculaire pour optimiser vos observations : on favorise de grands champs pour observer de grands objets, comme les nébuleuses par exemple et inversement, pour observer les planètes en détails, on favorise un fort grossissement, au détriment du champs de vision.

Plus le champ apparent est grand, plus il y aura de lentilles dans l’oculaire, et donc plus ce dernier est lourd. C’est un paramètre à ne pas négliger.

Il n’existe donc pas un oculaire idéal pour vos observations mais une panoplie d’oculaires avec lesquels vous pourrez jongler pour optimiser chacune de vos observations en fonction de leur nature.

Les caractéristiques secondaires des oculaires

Une donnée secondaire intéressante lors d’un éventuel achat est la taille du coulant. Il existe des tailles standards donc il s’agit plus d’une validation que d’un réel choix.

Le coulant correspond au diamètre de l’oculaire que l’on insère dans le télescope.

Il existe deux tailles répandues : 31,75 mm (ou 1,25” – soit 1,25 pouce) qui correspond à la taille standard. Dans certains cas, pour augmenter le champ de vision, on peut utiliser des coulants de 2” ou 50,8 mm. Il existe une troisième taille qui n’est presque plus produite et qui peut être un signe fort de qualité questionnable de l’appareil : 24,5 mm (soit 0,968 pouce).

Les oculaires sont généralement vendus avec une taille unique mais il existe des oculaires bi-coulants avec une jupe dévissable qui permettent des utilisations multiples (sur petits ou grands instruments).

Les oculaires avec un coulant de 31,75 mm ou 50,8 mm constituent des achats tout à fait viables et répondant aux standards du marché.

On peut également évoquer le dégagement de l’oculaire, c’est-à-dire l’endroit où l’on doit placer notre pupille par rapport à l’oculaire. Certains oculaires ont un faible dégagement ce qui implique 2 inconvénients :

  1. Le fait de placer l’œil très près de l’oculaire peut laisser des marques sur ce dernier (avec les cils notamment).
  2. Les porteurs de lunettes pourraient être gênés. Même s’il est possible de réaliser une mise au point qui vont corriger certains degrés de presbytie ou de myopie mais l’astigmatisme ne sera, lui, pas corrigé, ce qui peut être inconfortable.

C’est un élément important à prendre en compte pour les porteurs de lunettes ! Favoriser ici des dégagements importants pour plus de confort.

Enfin, on peut évoquer les traitements appliqués de manière industrielle aux oculaires. Tous les oculaires doivent être traités au niveau des anti-reflets (on peut par exemple lire des éléments comme “multi coated” ou “anti coating” sur ces derniers). Il existe différentes techniques pour éviter ou limiter les reflets. La plus fréquente consiste à peindre l’intérieur des oculaires en noir, ainsi que le bord des lentilles, pour éviter les reflets. Par ailleurs, les lentilles subissent des traitements anti-reflet multicouches.

Les oculaires haut de gamme sont parfois remplis avec un gaz et notamment avec de l’azote (N2) ou de l’argon (qui est un gaz rare, et augmente ainsi le prix de l’oculaire). L’avantage de ce gaz est qu’il limite le risque de développement de moisissures au sein des oculaires, ce qui arrive fréquemment avec le temps pour les oculaires non étanches. Ces oculaires, pour cette raison, sont donc étanches, ce qui est pratique, notamment pour les observations lors de nuits humides.

Toutefois, ne faites pas de ce critère une priorité, surtout si vous vous prêtez à des observations occasionnelles.

Les différents types d’oculaires

On trouve trois types d’oculaires :

  • Les oculaires simples à focale fixe (les plus répandus)
  • Les oculaires zoom à focale variable
  • Les oculaires à réticule

Les oculaires simples sont ceux que vous utiliserez en vous initiant à l’astronomie. Comme leur nom l’indique, leur focale est fixe : par exemple un oculaire de 10mm aura systématiquement une focale de 10 mm. Ce sont les plus simples à utiliser et seront tout à fait suffisant pour s’initier à l’astronomie de manière qualitative et maîtrisée.

Il existe également des oculaires zoom, dit à focale variable, qui fournissent plusieurs focales possibles à partir d’un seul oculaire. On peut par exemple citer l’oculaire Omegon 7-21 mm qui pourra s’adapter entre plusieurs grossissements.

Pour cela, il suffira d’utiliser le zoom présent sur l’oculaire, très simplement.

L’avantage de ces derniers est qu’ils permettent de profiter de toute une gamme d’oculaire sur un seul et même objet. Idéal pour passer d’une taille à l’autre et constater les différences éventuelles, s’arrêtant ainsi sur la plus adéquate.

Fiche technique de l’oculaire Omegon 7-21 mm Super Plössl zoom :

Omegon 7-21mm Super Ploessl oculaire zoom APO 1,25"
Fabricant : Omegon
Omegon Zoom 7-21 mm
Oculaire Zoom (à focale variable), Super Plössl
Focale de 7 à 21 mm
Champ de vision apparent de 43°
5 lentilles
Coulant standard de 31,75 mm (1,25 pouce)
L'oculaire parfait pour modifier le grossissement de votre observation avec une simple manipulation.
Particulièrement adapté au ciel profond, cet oculaire permettra de zoomer au grès de vos envies avec un bon niveau de qualité. Une valeur sûre pour quiconque souhaite se plonger dans les profondeurs du ciel.
59 euros
Chez Astroshop
Chez Omegon

Enfin, on trouve une troisième typologie d’oculaires : les oculaires à réticule (ou réticulés). Généralement présents dans les chercheurs, ces oculaires ont la particularité d’avoir une croix (simple ou double) au centre de la lentille de sortie.

En effet, le chercheur doit être parfaitement aligné sur le télescope ou la lunette. Pour cela, quelques réglages vont être nécessaires. On débute généralement en ciblant un objet brillant du ciel, généralement une étoile, avec son télescope. Une fois le pointage effectué, on va ensuite faire de même avec le chercheur pour que les deux instruments soient réglés sur la même cible. Pour avoir un réglage le plus précis possible, on utilisera un oculaire à réticule sur son télescope, pour être sûr de pointer exactement au même endroit que le chercheur.

Les chercheurs ont des champs apparents bien plus importants que ceux des appareils et sont une aide précieuse pour faire des pointages et des réglages précis.

A souligner que les croix doubles ont l’avantage de ne pas “cacher” l’astre observé et sont donc plus agréables à utiliser que les croix simples (qui masqueront en partie ou totalement l’astre ciblé s’il est petit et qu’il se trouve au centre).

Avec une monture motorisée et le dispositif Goto, un oculaire réticulé est particulièrement utile lors de la procédure d’étalonnage.

Combien coûte en moyenne un oculaire ?

Le prix des oculaires dépendra en grande partie de leur type de construction. La principale chose à retenir, c’est de garder une cohérence : rien ne sert d’investir un budget conséquent dans des oculaires, si votre télescope ne peut pas en tirer le meilleur.

On trouve 7 types de constructions principales.

HuygensKellnerOrthoscopiquesPlösslSWAUWAXWA
Nombre de lentilles2344678
Champ apparent moyen40°40°40°45-50°, voire 55° pour les super Plössl65°80°100-110°
Prix moyenA partir de 10 euros jusqu'à 30 eurosA partir de 20 euros jusqu'à 50 eurosA partir de 60 euros jusqu'à 150 eurosA partir de 25 euros jusqu'à 200 eurosA partir de 45 euros jusqu'à 800 eurosA partir de 60 euros jusqu'à 1000 eurosA partir de 200 euros jusqu'à 1200 euros